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Archives des biffetons

LE BIFFETON DE L’ETE: DES RENCONTRES QUI EN DISENT LONG…

Planqué sagement dans une maison à la déco new age, j’ai goûté aux charmes du Finistère pendant quelques jours radieux. Au hasard des heures, j’ai fait des rencontres qui ne renforceront pas mon capital humaniste, heureusement encore bien confortable.

 

Les Glénant

Laissons les dauphins, jouant à quelques mètres dans le sillage du promène-couillons qui m’emmena aux Glénant, où j’ai pu admirer les chiens de riches propriétaires baladés sur les plages de l’île Saint Nicolas, parsemées d’ancres d’embarcations à moteur leur permettant de rejoindre leurs yachts mouillant un peu plus loin. Un vrai concours canin au milieu des cordes et des rochers, un vrai défilé de nantis, souvent vieux, qui ignorent superbement les vulgaires amateurs de plage et leur glacière en plastique. Sur la même plage, c’est une certaine histoire récente d’un monde qui se tord jusqu’à se vriller, c’est le triomphe de l’individualisme qui se dévoile au soleil, avec ce petit esprit de corps que l’on voit peu, mais qui existe entre les propriétaires des chiens qui voyagent en yachts. Aucune jalousie là-dedans, je n’ai jamais eu d’histoire d’amour avec un chien, je préfère le bœuf en brochette.

 

Autre rencontre, celle du troisième type. Commençons par les deux premiers, moi, festivalier des Vieilles Charrues, tranquille, souriant aux excès des lémuriens qui m’entourent. L’artiste ensuite, Bob Dylan, avec son never ending tour, tranquille aussi, qui fait le job avec une certaine classe, borsalino sur la tête, et cinquante années de carrière sur les épaules. Et puis arrive le troisième type, ni ado ni junkie, non le genre de type qui simplement aime parler, s’entendre parler, et aime voir les autres l’entendre parler. Et que je mime les postures de l’artiste, et que je trouve ça bidon, et que je parodie les balades qu’il croit romantique mais auxquelles il ne comprend rien.

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Le décérébré, et c’est là le problème des cons en général, croit connaître son sujet, croit que Dylan est un vieux chanteur qui chante des niaiseries. Il ne sait pas que ce mec est étudié dans cinq cent universités américaines, qu’il a fusionné rock et folk, bref, il ne sait rien mais juge en hurlant son ignorance et son ennui à la face des festivaliers qui l’entourent. Devant cette démonstration de l’existence physique du néant, j’ai pris la responsabilité d’un « mais tu vas fermer ta grande gueule ? », qui le sidéra une seconde – une seconde de silence merveilleuse -, suivi d’un « euh… c’est un petit peu excessif non ? »
- je te demande te fermer ta gueule c’est tout
- oh oh on pourrait discuter non ?
- non
- c’est pas cool ça
- si ça te plaît pas tu te casses ou tu la fermes je suis là pour écouter un concert, pas ta grande gueule
- ok ok bonne écoute alors
- ça c’est gentil, voooiiiilàààà.
Après quoi l’animal, passé quelques minutes difficilement qualifiable de réflexion, s’est mis à singer le fan parfait, enfin le fan abruti d’un chanteur débile. Une parodie qu’il aurait pu filmer et mettre sur you tube pour faire rire d’autres décérébrés accrocs à l’humour post-moderne.
La crise se résoudra par la résolution d’autres crises, à commencer par celle qui fait se déliter le « vivre-ensemble » cher à nos élites. Avec le troisième type comme partenaire, je ne suis pas sûr de la réussite de l’entreprise, du moins pour ce qui est de l’Occident.
A part ça ? Les jeux de Pékin reprennent à Londres… Bonne chance à Benjamin Hennequin, haltérophile émérite et passionné de lecture. Loin, très loin du profil du troisième type…

  

Billet de mai-juin: un propriétaire de plus en plus exigeant…

Après la tempête des présidentielles, certains ont la gueule de bois et s’agitent de guerre lasse dans la « droitosphère » (néologisme cité dans Le Monde), d’autres se sentent un peu plus léger qu’avant.

Les premiers, défaits, n’envisagent que ruine et désolation pour les années à venir, tandis que les autres ne s’attendent pas à des miracles. Les prétendus bons gestionnaires s’avèrent ici les plus déraisonnables, ayant semble-t-il ignoré le passage du PS à la doxa de la social-démocratie depuis de nombreuses années. Les seconds, qui ne rêvent plus à des lendemains qui chantent, espèrent  un peu de croissance si possible un peu verte,  un peu  de justice républicaine,  un peu  de changement dans les (dés)équilibres sociaux et territoriaux.

C’est finalement le principal atout de la nouvelle équipe: ses adversaires la dénoncent déjà de façon sans doute trop caricaturale, et ses partisans la soutiennent sans passion, ne rêvant que d’être les premiers surpris d’un élan pour l’instant improbable, étant donné l’état d’une France pour laquelle un nouveau bail politique vient d’être signé.

Il reste qu’à la remise des clefs, dans cinq ans, tout le monde sait que le propriétaire-citoyen sera encore plus attentif à l’état des lieux, son intransigeance augmentant chaque jour…

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Il va falloir la chercher très loin, cette croissance

Billet du mois d’avril : « le tendre effroi de saison… »

- Où allez-vous, jeunes gens, jeunes étudiants qui courez en bandes par les rues, manifestant au nom de vos colères et de vos enthousiasmes, éprouvant l’impérieux besoin de jeter publiquement le cri de vos consciences indignées ? (Emile Zola, Lettre à la jeunesse)

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 Et nous, mes chers amis, nous qui la regardons cette jeunesse, avec un tendre effroi, nous qui savons que rien ne ressemblera moins à HIER que DEMAIN …

Qu’allons-nous leur dire, leur transmettre de nos lâchetés sinon notre vague romantisme, celui-là même qui nous a clos les paupières  ?

Qu’allons-nous dire ? Que vais-JE dire ?

Que vais-je dire de la République à un gamin de cité, qui n’a connu que le silence grandissant qui l’enveloppe ?

Que vais-je dire au rejeton des pavillons identiques qui voient ses parents commencer à compter devant lui le prix d’un rêve qui devient un cauchemar ? 

Que vais-je dire de la République à cet enfant perdu dans les no mans land des services publics parce qu’il habite trop loin, parce que là où il est ils sont trop peu ?

Que vais-je dire de la République à ceux qui travaillent et qui n’ont pas de quoi vivre ?

Que vais-je dire de la République à ceux qui la SERVENT de toutes leurs forces, malgré l’adversité protéiforme ?

Que vais-je dire ?

… Ce que j’ai toujours dit, mes amis. La République mérite qu’on la replace au-dessus de tout.

 La République, c’est NOUS.

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Billet du mois de mars: « en bonne intelligence…ou le grand malentendu »

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Ce matin, en feuilletant la presse régionale – délice -, je tombe sur le énième suicide d’employé, une mode macabre qui a commencé il y a quelques années. Le pitch est toujours le même, changement de direction ou d’organisation des services, mise au placard plus ou moins effective, signaux de détresse, et puis l’acte. Cet acte terrible.

Ce qui m’a interpellé cette fois, c’est d’abord la diffusion dans ses grandes largeurs d’un mail de la victime avant cet acte. Il est révélateur d’un énorme MALENTENDU.

Jugez plutôt:

« J’ai été : tué professionnellement, détruit psychologiquement. Je croyais que le management consistait à travailler ensemble, en bonne intelligence, à déléguer, écouter, réunir, fédérer et valoriser les compétences de chacun. (…) »

Dans un autre passage, il évoque les rapports remis à ses supérieurs expliquant les difficultés rencontrées, ses doutes sur la nouvelle organisation. C’est donc quelqu’un qui utilisait la voie hiérarchique en toute confiance, pensant qu’on allait le lire, et donc qu’on allait agir parce qu’à 52 ans, on a l’expérience de ce qui marche, ou de ce qui pourrait mieux marcher.

C’était donc un croyant en quelque sorte, à l’écoute de probables miracles qui auraient pu étayer sa foi en la nouvelle religion dominante: le néo-management.

 

Bien plus peut-être, c’est un second point qui m’a sidéré: le DG évoque des dysfonctionnements dans la communication interne, parle de sa tristesse, présente naturellement ses condoléances à la famille, mais surtout, parle du fait qu’il « assume » ses « responsabilités » et qu’il estime que c’est un « échec personnel ».

Reprenons: il assume ses responsabilités: la question est: qui, sur cette Terre, peut « assumer » le suicide de quelqu’un, c’est à dire précisément l’acte de quelqu’un qui n’assume plus rien, même pas d’être là ?

Deuxièmement, que veut dire « échec personnel » ? S’agit-il d’une auto-évaluation froide, d’un euphémisme en forme de lapsus ? Autrement dit, face à l’insondable, à cet acte si secret, si intime, comment peut-on prononcer ces trois mots: assumer, échec personnel, sans montrer par là, justement, le formidable échec du management moderne, suite infinie de misère intellectuelle et morale que l’on habille de rationalisme marchand.

 

Ça s’est passé avant-hier, quelque part dans le sud de la France, dans le monde du « travail ». Et cela se passera encore, et encore. Ce sont des pertes inhérentes à une guerre, une guerre déjà évoquée sur ce blog.

 

Mes condoléances à ceux qui restent aujourd’hui et qui ont connu la victime. RIP Thierry H.

 

 

 

 

 

 

 

(LE BIFFETON DE FEVRIER )!

A mon tour de faire des voeux pour 2012…

Comment ça, c’est trop tard ? En tous les cas, cela ne coûtera pas six millions d’euros,  je n’ai aucun frais de déplacement de souris présidentielle à faire payer au contribuable.

C’est intriguant, d’habitude, on ne sait pas trop quoi souhaiter à ceux que l’on aiment, à ce que l’on aime moins, en dehors du pratique  « et surtout la santé » ! Mais cette année, c’est devenu facile, alors je me lance:

Je vous souhaite d’avoir du boulot, pas trop mal payé, avec des supérieurs qui jouent leur vrai rôle de corps intermédiaire et non pas de simple rouage de pressoir à salariés.

Je vous souhaite d’avoir un logement décent, de le conserver, de l’améliorer pour prévenir la hausse vertigineuse du prix de l’énergie dans les mois et les années à venir.

Je vous souhaite de manger équilibré, c’est à dire avec un budget bouffe à l’équilibre, sans trop rogner sur les petits plaisirs de la vie.

Je vous souhaite des amitiés nouvelles, des passions dévorantes, des coups de coeur culturels, beaucoup d’amour, pour user un peu vos cordes sensibles ;-)

A bientôt pour, je l’espère, un peu de joie et de partage… qui commencera par un peu de littérature.

Philippe CARLEN

 

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